Les visages de la Loire

Exposition photographique de Jean-Pierre Bridonneau

A découvrir jusqu'au 25 septembre 2021

Les visages de la Loire

Exposition photographique de Jean-Pierre Bridonneau

Je suis né au début des années soixante à Tours. D'aussi loin que je me souvienne, la Loire a toujours été présente dans les paroles qui circulaient à la maison...Pour moi, alors trop jeune, c'était d'abord le terrain d'aventure de mon père et de mon grand frère qui allaient y pécher chaque semaine. A leur retour, j’écoutais inlassablement leurs récits.

Les bords de la Loire, c'était aussi les pique-niques dominicaux que nous faisions en famille à proximité de la Ligérienne, la société d’extraction de sable à Saint-Pierre des Corps. Nous y donnions alors rendez-vous à mon père en milieu de matinée, au lieudit de « La Drague ».
Pour rien au monde il n'aurait laissé quelqu'un le priver de cette place. Ce bout de rive devait lui appartenir pour la journée et il lui appartenait. Pour que rien ni personne n'en décidât autrement, il se levait parfois à quatre heures du matin pour s'assurer d'en avoir la primeur.

Lorsque je devins plus grand, je découvrais enfin avec lui le bonheur de ces rencontres avec la Loire à l'aube, et même avant... Le bruit du courant sur les gravières ; les odeurs de sable et de vase mélangées; les brumes épaisses qui s’enflamment aux premiers rayons de soleil ; la vie qui se déploie à mesure que le jour se lève.

Ici une bergeronnette qui passe, suivie par un petit gravelot, et puis un autre ! Que peuvent-ils bien se raconter ? Plus loin, sur une branche morte tombée dans l'eau, un martin pêcheur se pose et file ensuite tel un trait bleu vers l'autre rive... Dommage. Je l'aurais bien observé encore un peu moi. D'autres oiseaux dont j'ignore alors le nom maraudent sur les grèves. Pourquoi ces allers- retours incessants ? Parfois, des espèces encore plus grandes passent au-dessus de la Loire. De quoi peut-il s’agir ?

La Loire à l'aube c'était comme mon Afrique ou mon Pantanal à moi. Sur ces vastes étendues d'eau et de brumes mélangées, je voyais la vie se dérouler, bien mieux qu'à la télé. C'était comme des tableaux vivants.
Il y a bien longtemps que j'ai troqué mes cannes à pêche contre du matériel photo mais je n'ai jamais cessé de fréquenter les rives de ce fabuleux fleuve, à l'heure où le sommeil retient encore la plupart d'entre nous.

Le plus souvent en affût et parfois même en affût flottant, ou alors en simple billebaude, avec mon appareil photo, je recherche inlassablement cette ambiance magique.

Parfois, toutes les étoiles me semblent alignées : La brume, l'oiseau, les reflets sur l'eau, le sable qui commence à luire et la lumière naissante.

C'est juste cet instant dont j'essaye de témoigner.

Jean-Pierre BRIDONNEAU

A découvrir du Mardi au Samedi de 14h00 à 17h00 à la Maison de la Loire

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